Les mares

La Martinique compte 1 178 mares et étangs, et les mares sont principalement concentrées dans le sud de l'île. Longtemps perçues uniquement comme des réserves d'eau pour le bétail ou l'agriculture, elles sont aujourd'hui reconnues comme des réservoirs de biodiversité essentiels.

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Qu’est-ce qu’une mare ?

Les mares sont des écosystèmes à l’interface entre les mondes aquatique et terrestre que l’on retrouve en milieu urbain, agricole et forestier.

D’origine naturelle ou anthropique, la mare est un écosystème d’eau douce de faible profondeur (maximum 2 m) et de surface limitée (moins de 5 000 m²), favorisant l’enracinement des végétaux et un ensoleillement total du fond. Dans le contexte antillais, ces milieux sont marqués par des températures élevées et stables. Cette chaleur permanente modèle les conditions de vie locales, donnant naissance à une biocénose spécifiquement adaptée aux contraintes climatiques de la région.

Les rôles des mares

Rôle de réservoir de biodiversité :

  • Diversité biologique : abrite une faune et une flore aquatiques et semi-aquatiques variées.
  • Reproduction : lieu de ponte et de développement (libellules, batraciens, crustacés).
  • Refuge pour la faune : source d’eau vitale, particulièrement en période de carême.
  • Habitats privilégiés pour les oiseaux : zones de nidification et haltes migratoires.

Rôle de corridors (interconnexion entre les milieux) :

  • Assure la continuité écologique (Trame Verte et Bleue) en permettant le déplacement des espèces entre différents habitats.

Rôles fonctionnels :

  • Régulation hydrologique : agit comme une éponge qui stocke l’eau, tamponne les débits et favorise l’infiltration vers les nappes.
  • Lutte contre l’inondation : zone de rétention naturelle lors des fortes précipitations.
  • Filtration de l’eau : épuration naturelle (auto-épuration) des eaux de ruissellement avant leur rejet dans le milieu naturel.
  • Régulation du microclimat : rafraîchissement local de l’air par évapotranspiration.

La vulnérabilité des mares

Points d’eau douce stagnante essentiels, les mares tropicales sont rythmées par l’alternance entre le carême et la saison des pluies. La chaleur constante qu’elles subissent crée des paramètres physico-chimiques distincts de ceux des mares des régions tempérées, façonnant une biodiversité aux adaptations spécifiques. Pourtant, ces écosystèmes figurent parmi les plus vulnérables. Ils subissent des agressions directes, comme le remblaiement pour l’urbanisation, et des pressions indirectes telles que les pollutions, les espèces envahissantes ou le dérèglement climatique. Leur protection est donc un impératif pour garantir le maintien de ces refuges biologiques et de leurs fonctions régulatrices.

Inventaires des mares de Martinique

En Martinique, 1 178 mares et étangs ont été dénombrés en 2015. C’est dans le sud, où le climat est plus sec, que l’on retrouve la majorité des mares dont :

  • La mare de Pont Café (Sainte-Luce) : une mare pédagogique souvent citée pour sa richesse biologique. Elle permet d’observer facilement la faune aquatique locale.
  • La mare de Rabat-Joie (Sainte-Anne) : cette mare de sommet présente une grande diversité floristique, avec plus d’une dizaine d’espèces rares et assez rares observées en 2005.

Pour découvrir les mares

Retrouvez l’ensemble des mares inventoriées dans les inventaires de 2015 et 2005 des zones humides de Martinique ainsi que la cartographie dynamique associée.

Découvrez également l’outil de visite virtuelle des mares de Martinique et de Guadeloupe et le Guide technique de restauration et d’entretien des mares des Antilles proposés par le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales.

Enfin, des documents et cartes sur les milieux humides sont disponibles sur le site de l’Observatoire de l’Eau.