Les autres milieux humides

En dehors des mangroves et des mares, la Martinique abrite d'autres zones humides essentielles qui complètent cette mosaïque écologique.

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Les lagunes

De nombreuses lagunes sont recensées sur le littoral martiniquais, notamment au sud de l’île. Ce sont des écosystèmes littoraux semi-fermés caractérisés par une interaction dynamique entre le milieu terrestre et le milieu marin. En Martinique, elles sont souvent bordées de mangroves qui filtrent les sédiments et les polluants avant qu’ils n’atteignent les récifs coralliens. Ces milieux servent de zones de nurserie pour de nombreuses espèces de poissons et de crustacés tropicaux, protégés de la houle par la barrière littorale.

Les étangs littoraux

Les étangs littoraux sont des plans d’eau saumâtre ou douce, souvent isolés de la mer par un cordon sableux (tombolo ou flèche littorale). Contrairement aux lagunes, leur connexion avec l’océan est intermittente (souvent uniquement lors de fortes houles ou de tempêtes), ce qui en fait des milieux fermés très sensibles aux variations climatiques. En Martinique, l’Étang des Salines est l’exemple le plus emblématique : soumis à une forte évaporation en période de carême, sa salinité peut varier drastiquement, influençant directement la faune qui peut l’occuper.

Les marais et prairies saumâtres

Les marais et prairies saumâtres de Martinique constituent des zones de transition hydrique, situées à l’interface entre les écosystèmes purement forestiers (mangroves) et les terres fermes. Ces milieux, souvent saturés d’eau, présentent une végétation herbacée spécifique, comme les fougères dorées (Acrostichum aureum), capables de tolérer des concentrations variables de sel. Ils jouent un rôle de zone tampon pour absorber les surplus d’eau lors des épisodes cycloniques.

Les zones humides d’altitude

En altitude, sur les massifs de la Montagne Pelée et des Pitons du Carbet, se retrouvent des zones humides d’altitude (parfois assimilées à des tourbières tropicales) qui sont des zones de rétention d’eau stagnante. Dans ces milieux frais et saturés d’humidité (nébulosité quasi constante), on observe une flore unique composée de sphaignes, de mousses épaisses et de plantes épiphytes. Ces zones sont le château d’eau de l’île, alimentant les sources qui descendent vers les plaines.

Les ripisylves

Les cours d’eau tropicaux sont bordés de ripisylves, aussi appelées forêts galeries. Ces bandes boisées, composées d’espèces comme le Bois-rivière (Chimarrhis cymosa) ou le Manguier(Mangifera indica), filtrent les sédiments et protègent les berges de l’érosion lors des crues soudaines. Elles maintiennent une température de l’eau plus fraîche grâce à l’ombrage, ce qui est crucial pour la survie des espèces benthiques comme les crabes de rivière ou les crevettes, aussi appelées “ouassous”, (Macrobrachium rosenbergii) et des poissons migrateurs comme les anguilles (Anguilla rostrata).

Les prairies humides

Les prairies humides et zones inondables de Martinique sont des milieux semi-aquatiques continentaux dont le fonctionnement est dicté par la saisonnalité des pluies (alternance carême/hivernage). Ces espaces, souvent situés dans les plaines alluviales (comme au Lamentin ou au François), assurent une transition vitale entre les cours d’eau et les milieux urbanisés ou agricoles. Outre leur rôle de régulation des crues, elles abritent une biodiversité spécifique d’oiseaux limicoles et d’amphibiens qui dépendent de la montée saisonnière des eaux.

Pour en savoir plus

Découvrez la cartographie dynamique de l’inventaire des milieux humides de Martinique de 2005 (corrigé en 2015) de l’Observatoire de l’eau.

Retrouvez également les documents et cartes sur les milieux humides disponibles sur le site de l’Observatoire de l’Eau.

Visitez le site du Pôle-Relais Zones Humides Tropicales.