La mangrove
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Qu’est-ce que la mangrove ?
Ces écosystèmes se trouvent dans la zone intertidale, qui correspond à la zone balayée par le flux et le reflux des marées, des régions tropicales et subtropicales.
La mangrove en Martinique couvre une superficie d’environ 1 700 hectares, représentant une part importante des zones humides de l’île. Sa répartition est loin d’être uniforme et elle se concentre principalement dans la Baie de Génipa, située au sud de Fort-de-France, où l’on trouve la plus vaste étendue de mangrove de l’île (environ 1 200 hectares, soit environ 65 % du total).
D’autres massifs significatifs sont également présents le long du littoral, notamment dans les communes de Trinité, du Robert, du François, et dans le sud à la Baie des Anglais, à Sainte-Anne, et au Diamant. La répartition est plus discontinue sur la façade atlantique, en raison de la topographie côtière. Ces forêts côtières sont composées de différentes espèces de palétuviers (rouge, noir, blanc, gris), qui se succèdent en fonction de la salinité et de la fréquence d’inondation.
| Année | Surface (en ha) | Source |
|---|---|---|
| 2020 | 1 698 | HGBF, 2020 ; Mingming, 2023 |
| 2020 | 1 856 | CARNAMA, 2020 |
| 2020 | 1 941 | Global Mangrove Watch, 2020 |
| 2004 |
1 911 2 268 ha en comptabilisant les espaces étang bois sec et autres habitats de mangroves non arborés |
Impact Mer, 2011 |
| 1950 | 1 673 |
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Zones humides: Répartition de la mangrove en Martinique
Les fonctions et services rendus par la mangrove
Les mangroves sont des écosystèmes capitaux qui assurent d’importantes fonctions écologiques supports et de nombreux services écosystémiques socio-économiques :
- la régulation des flux d’eau : les mangroves agissent comme des éponges naturelles. Elles se chargent lors des fortes pluies pour atténuer les crues et restituent progressivement l’eau en périodes sèches, soutenant le débit des cours d’eau et rechargeant les nappes phréatiques. Elles participent ainsi à la régulation des phénomènes d’inondations ;
- l’amélioration de la qualité de l’eau : elles sont des filtres naturels qui captent et régulent le ruissellement des particules en suspension, des polluants, des métaux lourds et des produits phytopharmaceutiques, notamment via des processus de dénitrification et de déphosphoration ;
- lutte contre l’érosion ;
- l’atténuation des effets des cyclones et des submersions ;
- l’atténuation des effets du changement climatique : elles sont des puits de carbone et jouent un rôle crucial dans le cycle du carbone ;
- des réservoirs de biodiversité : elles jouent une fonction centrale dans le cycle biologique de nombreuses espèces (alimentation, reproduction, abri, repos) ;
- des services d’approvisionnement : ces réservoirs sont le support des ressources pour les productions agricoles (pâturage), piscicoles, professionnelles ou de loisir, ou encore sylvicoles avec l’exploitant des essences forestières ;
- des services culturels et de loisir : la biodiversité unique et l’attrait des mangroves attirent l’éco-tourisme et elles sont valorisées pour diverses activités de loisirs telles que la pêche de loisir, la randonnées, le kayak ou encore les observations de faune.
Les pressions et conséquences qui pèsent sur l’écosystème
Les mangroves de Martinique font face à un ensemble complexe de menaces et de pressions :
- l’urbanisation et le remblai des zones côtières, qui entraînent une réduction directe de la surface des habitats ;
- la gestion mal maitrisée des eaux : déversement d’eaux usées et d’eaux de pluie non traitées ;
- l’exploitation non durable de certaines ressources ;
- la présence d’espèces exotiques envahissantes (EEE) ;
- et, plus récemment, l’échouage massif et récurrent des sargasses représente également une pression chimique et physique significative.
Ces pressions, conjuguées aux effets du changement climatique, ont des conséquences directes sur ces écosystèmes :
- la montée des eaux menace d’entraîner la submersion des terres basses, mettant en péril le maintien des mangroves ;
- l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes cause des dégâts directs sur les peuplements végétaux et bouleverse les cycles de reproduction des espèces ;
- la modification des régimes de précipitations entraîne une augmentation de la salinité et de l’hydrométrie des sols, créant un stress hydrique ou salin.
L’ensemble de ces facteurs provoque des changements majeurs dans la composition floristique et faunistique, une réduction notable de la surface des habitats et l’exclusion des espèces natives par compétition. En conséquence, cette grande vulnérabilité des milieux se traduit par une dégradation globale de la biodiversité, le bouleversement des cycles de reproduction et la perte progressive de services écosystémiques vitaux (protection côtière, nurseries pour la pêche, puits de carbone).